Facebook 1914 : journal d’un poilu 2.0

Article tiré du journal La Nouvelle République.

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Léon Vivien pose à la caserne, en compagnie de son ami Eugène, également présent sur Facebook (Musée de la Grande guerre).

Il a des « amis », il poste des messages et des photos, « aime » des pages, reçoit des commentaires. Bref, Léon Vivien est un utilisateur de Facebook comme les autres. A ceci près qu’il est né… en 1885. Jour après jour, cet enseignant fait vivre aux internautes le premier conflit mondial. Mobilisé en novembre 1914, il raconte les adieux à sa femme enceinte, le camp d’entrainement, la mort de ses camarades. Et l’enfer des tranchées.

Ce personnage fictif a été imaginé par le Musée de la Grande guerre de Meaux et l’agence de communication DDB, pour réconcilier l’histoire et le grand public. « Facebook est un outil adapté pour ceux qui ne viendraient pas au musée d’eux-mêmes, et qui n’osent pas ouvrir des livres d’histoire », explique le directeur du musée, Michel Rouger. Et cela marche. La page de Léon Vivien, lancée le 11 avril, compte déjà 50 000 fans.

Chacun de ses posts est agrémenté de documents historiques, comme des photos d’archives, des carnets de poilus, et même de la musique. Pris au jeu, des centaines d’internautes lui laissent quotidiennement des messages d’encouragement.

Léon Vivien est mort au front le 22 mai 1915 : « Aujourd’hui, Léon est mort, Madeleine pleure, Aimé est orphelin. Mais nous pouvons tous continuer à les faire vivre. C’est dans ce but que le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux a été créé. Et aujourd’hui nous vous invitons, au travers de nos collections permanentes, au travers de milliers d’objets, photos et documents qui chacun vous racontent une histoire, à mieux connaître tous les Léons, toutes les Madeleines qui ont enduré cette guerre, l’une des plus terribles que le monde ait connue. »

 

Chloé Bossard