Prendre les coursiers de vitesse

Article tiré du journal Die Presse, traduit par Courrier International.

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Dessin tiré du journal Die Presse.

Une plateforme Internet pour concurrencer les services postaux : c’est ce que veut lancer Hannes Jagerhofer, un entrepreneur et organisateur d’événements de Carinthie [dans le sud de l’Autriche]. Son service, baptisé checkrobin.com, repose sur l’idée suivante : faire transporter des colis par les automobilistes – contre rémunération, bien entendu. Le projet s’adresse essentiellement aux personnes qui font la navette entre leur domicile et leur lieu de travail, et qui pourraient prendre et déposer des colis sans dévier de leur trajet.

La version bêta fonctionne depuis le 25 février. “Et la version alpha devrait être prête courant mars” [avant le lancement des premières colivraisons, en mai], a déclaré Hannes Jagerhofer à l’Agence de presse autrichienne (APA). L’entrepreneur, qui a investi 1 million d’euros dans le projet, a déjà connu le succès sur Internet avec le moteur de recherche de voyages checkfelix.com, qu’il a fondé en 2005 et vendu à l’américain Kayak l’année dernière. Pour le service checkrobin.com, il compte dans un premier temps se concentrer sur le trajet Vienne-Villach [en Carinthie], emprunté chaque jour par 49 000 véhicules.

“Dans 90 % des cas, les voitures font le trajet à vide, si l’on ne compte pas le chauffeur, évidemment. Il s’agit donc d’utiliser ces mètres cubes vides dans l’intérêt de l’environnement”, explique Jagerhofer. La tendance est aussi, de plus en plus, à ce que les utilisateurs s’organisent d’eux-mêmes, sans passer par des intermédiaires. Enfin, le prix élevé du carburant fait que l’idée de Hannes Jagerhofer est “dans l’air du temps”.

De fait, le transport d’un paquet partant de Vienne et remis en Carinthie devrait coûter dans les 15 euros à l’expéditeur [pour une livraison le jour même, contre un coût d’au moins une vingtaine d’euros avec un transporteur classique, et une livraison le lendemain]. Un prix de base auquel s’ajoute un supplément qui varie avec la longueur du parcours. Le coût sera aussi plus élevé si l’automobiliste vient récupérer le paquet directement chez l’expéditeur. A l’inverse, celui-ci pourra apporter son colis au conducteur pour s’en sortir à moindres frais. Quoi qu’il en soit, le conducteur s’engage à livrer le paquet à l’adresse indiquée dans un délai maximum de six heures.

L’entreprise, quant à elle, touchera à chaque livraison “une commission raisonnable, correspondant aux frais de mise en relation”, précise Hannes Jagerhofer. Son site propose un service supplémentaire : envoyer un SMS au destinataire trente minutes avant l’arrivée du colis. Il sera également possible de souscrire une assurance, mais elle ne sera pas obligatoire.