Singapour et Hongkong paradis des entrepreneurs

Article tiré du journal Le Figaro.

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Singapour est le champion toutes catégories du classement annuel des pays les plus accueillants pour les entreprises.

À peine trois jour pour créer une entreprise, moins d’un mois pour obtenir un permis de construire, et des prélèvements fiscaux et sociaux qui ne dépassent pas 27,6% des profits : Singapour arrive de nouveau en tête dans le classement annuel des pays les plus accueillants pour les entreprises établi par la Banque mondiale et publié ce mardi.

L’étude désormais classique – Doing Business 2013 en est à sa dixième édition annuelle – passe au peigne fin 185 pays. Curieusement sur les dix territoires dont l’environnement juridique et réglementaire est le plus favorable pour créer et gérer une entreprise, cinq sont des îles. Outre Singapour, champion toutes catégories, Hongkong, la Nouvelle-Zélande, la Grande-Bretagne et l’Australie font rimer insularité et culture de l’entrepreneuriat. Les États-Unis, le Danemark, la Norvège, la Corée du Sud et la Géorgie sont les cinq autres pays les plus business-friendly. Les plus « amis du monde des affaires » dirait-on en français, où ce concept ne coule pas de source.

« Importants progrès »

Selon la Banque mondiale, en France, il faut une semaine tout juste pour lancer une nouvelle entreprise – ce qui est relativement rapide – mais 52 jours pour obtenir le permis de construction. Quant à l’ensemble des impôts de toutes sortes ainsi que les cotisations sociales, ils absorberont 65,7% des profits « d’une entreprise moyenne ». Notons que l’étude Doing Business 2013 a été réalisée avant les changements législatifs votés l’été dernier, et a fortiori du projet de loi de finances 2013.

L’Hexagone se place ainsi au 34e rang du classement mondial et l’Allemagne en 20e position. Outre-Rhin les prélèvement fiscaux et sociaux ne sont que de 46,8% des profits et il ne faut que 17 jours pour se brancher sur un réseau électrique (42 chez nous). En revanche les démarches pour créer un affaire sont moins lourdes en France, tout comme le temps passé annuellement que le patron de PME devra consacrer à remplir ses formulaires pour les trois principaux impôts (132 heures contre 207 outre-Rhin).

« Au fil des ans, les gouvernements ont fait d’importants progrès pour améliorer leur réglementation des affaires et pour réduire l’écart qui les sépare des meilleures pratiques au niveau mondial », souligne Augusto Lopez-Claros, le directeur de la Banque mondiale qui a supervisé la recherche. Ainsi depuis 2005 le temps moyen pour créer une entreprise a-t-il chuté de 50 à 30 jours en moyenne dans le monde. Comme si l’ensemble de la planète était emportée par un courant de simplification administrative.

« Une information importante et facile à mesurer »

Les experts internationaux ont recensé 2000 réformes de la réglementation des affaires dans le monde au cours des huit dernières années, et elles « ont largement profité aux entrepreneurs locaux à travers le monde ». La batterie d’indicateurs que suit la Banque mondiale porte essentiellement sur l’environnement juridique, financier, fiscal et réglementaire qui accompagne l’entreprise, de sa naissance à sa cession, voire sa disparition.

« Bien que les réformes que nous mesurons ne donnent qu’une image partielle du climat économique d’un pays, elles sont essentielles pour améliorer les principales performances économiques telles qu’une croissance rapide de l’emploi et la création de nouvelles entreprises », selon Augusto Lopez-Claros. Les dix premiers pays du classement de Doing Business ont d’ailleurs reçu en moyenne 50 fois plus d’investissements étrangers que les dix États les moins bien classés.

Certes les critères mis en avant par la Banque mondiale ne prétendent pas à l’exhaustivité. En sont notamment absents la stabilité macroéconomique, la taille des marchés nationaux ou encore les problèmes de corruption. Mais tout comme « un test de cholestérol ne nous dit pas tout sur notre état de santé, il nous fournit une information importante et facile à mesurer » expliquent non sans humour les experts. Doing Business donne en tout cas une image représentative « de l’environnement global des affaires et de la compétitivité des pays ». L’équivalent de la bonne santé pour les économies nationales.

 

Jean-Pierre Robin