Pourquoi notre époque fait du surplace

Article (extraits) de Vanity Fair, traduit par Courrier International

Architecture, musique, design… Jusqu’à présent, la production culturelle changeait du tout au tout tous les vingt ans environ. Aujourd’hui, plus rien n’est démodé, ni vraiment nouveau. L’analyse du critique américain Kurt Andersen.

Le passé est un pays étranger. Il n’y a même pas vingt ans, le World Wide Web était un machin obscur, réservé aux scientifiques. Les ordinateurs étaient des espèces de machines à écrire-calculatrices sophistiquées qui n’affichaient que du texte brut et ne permettaient ni d’écouter de la musique, ni de regarder des vidéos, ni de faire des achats. Le courrier électronique et les téléphones portables étaient des nouveautés. Pour écouter de la musique, il fallait des cassettes ou des CD. Personne n’avait vu de films d’animation numérique et les DVD n’existaient pas. Le génome humain n’avait pas été séquencé, les OGM n’existaient pas et l’IRM en était au stade expérimental. The New York Times n’avait jamais parlé d’Al-Qaida ni d’Oussama Ben Laden. L’économie de la Chine pesait moins d’un huitième de ce qu’elle pèse aujourd’hui. CNN était l’unique chaîne d’information en continu.

Depuis 1992, avec la diffusion des miracles et des merveilles technologiques et les transformations de l’économie politique, nous vivons dans un monde profondément, radicalement nouveau. Mais voici ce qu’il y a de bizarre : au cours de ces mêmes vingt années, l’apparence du monde n’a pratiquement pas changé (exception faite des ordinateurs, téléviseurs, téléphones et lecteurs de musique), en tout cas moins qu’au cours de n’importe quelle autre période de vingt ans depuis un siècle au moins. Le passé est un pays étranger, mais le passé récent – les années 2000 et 1990, et même une bonne partie des années 1980 – paraît quasi identique au présent. Voilà le premier grand paradoxe de l’histoire de la culture contemporaine.

Songez-y un instant. Souvenez-vous. Rembobinez, et faites défiler le XXe siècle par périodes de vingt ans. Pas moyen de confondre une photo ou une image de film de 1972 – gigantesques rouflaquettes, pattes d’éléphant et cols pelle à tarte, vêtements de sport, cigarettes, modèles de voitures – avec des images de 1992. Remontez encore vingt ans en arrière, avant le rock’n’roll, la pilule et la guerre du Vietnam, du temps où les Américains des deux sexes portaient des chapeaux et où les voitures étaient immenses et renflées, avec des ailerons imposants – là encore, impossible de confondre 1952 avec 1972. Continuez, et vous verrez que les formes et les sons caractéristiques de chaque moment de l’Histoire sont radicalement différents de ceux de vingt ans plus tôt ou plus tard : vêtements, coupes de cheveux, voitures, publicité, tout.

Vestiges d’un autre âge

Creusez encore un peu et vous verrez que la production culturelle de qualité ne mettait que vingt ans pour changer du tout au tout. Les nouveaux bâtiments du New York des années 1930 (Chrysler Building, Empire State Building) ne ressemblent en rien à ceux des années 1910 (gare Grand Central, immeuble Woolworth), ni à ceux des années 1950 (immeuble Seagram, siège de l’ONU). N’importe qui peut distinguer instantanément un film des années 1950 (Sur les quais, d’Elia Kazan, Le Pont de la rivière Kwaï, de David Lean) d’un autre réalisé deux décennies plus tôt (Grand Hotel, d’Edmund Goulding, New York-Miami, de Frank Capra) ou plus tard (Klute, d’Alan J. Pakula, Orange mécanique, de Stanley Kubrick), ou un tube de 1992 (du rappeur Sir Mix-a-Lot) d’un tube de 1972 (Neil Young), de 1952 (Patti Page) et de 1932 (Duke Ellington). Lorsque la littérature anglophone a été réinventée par James Joyce et Virginia Woolf, F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway, les grands romans datant d’à peine vingt ans plus tôt – Les Ambassadeurs [1903], de Henry James, Chez les heureux du monde [1905], d’Edith Wharton – avaient l’air de vestiges d’un autre âge. Et, vingt ans après la parution de Pour qui sonne le glas [d’Ernest Hemingway, 1940], un nouveau roman de guerre, Catch 22 [de Joseph Heller, 1961], lui donna un sacré coup de vieux.

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En haut : Du tailleur cintré à la robe hippie, deux conceptions opposées de l’élégance. En bas : Une génération sépare Madonna de Lady Gaga, mais où est la différence ?

Essayez à présent de déceler des différences notables entre 2012 et 1992. Le cinéma, la littérature et la musique n’ont jamais aussi peu changé. Lady Gaga a remplacé Madonna et Adele Mariah Carey – on ne peut pas dire que cela fasse une grande différence. A quelques détails près (moteurs de recherche, courriel et téléphone portable), les grandes œuvres de fiction d’il y a vingt ans (Génération X, de Douglas Coupland, Le Samouraï virtuel, de Neal Stephenson, La Flèche du temps, de Martin Amis) ne sont nullement datées.

Le fauteuil de bureau Aeron dans lequel vous êtes assis est identique à celui dans lequel je m’asseyais il y a deux décennies et, ce matin, j’ai fait bouillir de l’eau pour mon café dans la superbouilloire Alessi que j’ai achetée il y a un quart de siècle. Hormis de rares exceptions, l’esthétique des voitures du début des années 1990 (et même de la fin des années 1980) ne paraît pas datée. Je suis tombé récemment dans le journal sur une photographie de 1985, où l’on voit Ian Schrager et Steve Rubell avec une dizaine de leurs jeunes employés devant le Morgans, prototype newyorkais de l’hôtel design. Ce fut une révélation. Schrager porte une chemise sans col et certains des employés hommes ont une coiffure un peu démodée, mais à part ça personne n’a l’air en décalage avec la mode actuelle. En revanche, si, en 1990, 1980 ou 1970, on avait regardé une photo comparable datant de vingt-sept ans plus tôt, cela nous aurait fait entrevoir un monde incontestablement différent.

Fin de l’histoire culturelle 

Il y a bien entendu quelques exceptions – des phénomènes culturels réellement nouveaux qui n’ont rien à voir avec le numérique –, mais elles sont si rares qu’elles confirment la règle. Nous n’avions pas ces extraordinaires séries télé romanesques que sont Les Soprano, Sur écoute ou Breaking Bad. Le recyclage des déchets n’était pas entré dans les mœurs. Les hommes portaient davantage la cravate. Les femmes à la mode dévoilaient moins leurs seins et leurs bretelles de soutien-gorge, et elles étaient rarement perchées sur des talons ultra-hauts. Nous étions plus minces, nous avions moins de tatouages ou de piercings. Et c’est à peu près tout.

Ce n’est pas un hasard, Francis Fukuyama publiait, il y a exactement vingt ans, La Fin de l’Histoire [Flammarion, 1992], son influente thèse sur l’après-guerre froide, où il postulait que la démocratie libérale avait triomphé et était devenue le point final de l’évolution idéologique de l’humanité, vers lequel tous les pays se dirigeaient inexorablement : c’en était fini des grandes mutations politiques. Peut-être, peut-être pas. Mais, dans l’univers des arts, du divertissement et du style, cette étrange stagnation des vingt et quelques dernières années sonne comme une fin de l’histoire culturelle.

Nous vivons une époque où rien n’est obsolète, et rien vraiment nouveau : tout nous va. C’est comme si la culture tout entière était anesthésiée, comme si on écoutait un disque rayé depuis des décennies et que la musique retombe sans arrêt sur le même sillon. Personne n’a la présence d’esprit ou le cran d’aller lever le bras de lecture.

Nous sommes saturés

Que se passe-t-il ? Il s’agit à mon sens d’une réaction collective inconsciente au flot incessant de nouveautés que nous vivons sur les fronts technologique, géopolitique et économique. Notre capacité à accueillir le changement perpétuel est limitée et, à l’heure actuelle, nous sommes saturés.

Ainsi, au moment où Internet, les smartphones, l’essor de la Chine, le 11 septembre, l’économie casino et la crise perturbent et transforment nos vies, nos espoirs et nos rêves, nous nous cramponnons comme jamais à ce qui nous est familier en termes de style et de culture.

Si ce blocage stylistique est juste un répit, une réaction de rejet passéiste aux bouleversements, alors, une fois que nous nous serons habitués à toute cette nouveauté, les choses vont reprendre leur cours normal, et ce que nous portons, conduisons, concevons et produisons aujourd’hui aura l’air totalement démodé en l’an 2032. Ou pas. Parce que, plutôt qu’une panne culturelle temporaire, ces deux décennies de stagnation sont peut-être une tendance séculaire, le début d’une maladie chronique de la civilisation, un manque d’appétence définitif pour l’innovation et le radicalement nouveau. Après tout, de tels changements de sensibilité se sont produits maintes et maintes fois au cours de l’Histoire, ce moment où toutes les grandes cultures – égyptienne, romaine, maya, islamique, française, ottomane, britannique – sombrent irrévocablement dans un état de maturité avancée.

On observe une dynamique analogue en politique. Au moment même où le cinéma, la musique, l’art et le design ont commencé à se délecter de formes et de thématiques démodées, les Américains se sont épris de la séduisante vision de Ronald Reagan d’un pays plus simple, plus heureux, “à l’ancienne”.

Aujourd’hui, alors que le taux supérieur d’imposition est moitié moins élevé qu’au moment où Reagan a été élu président [en 1980] et que les écarts de revenus sont retournés à leur niveau des années 1920, le mantra des républicains reste immuable, “moins d’Etat, moins d’impôts”. Les grands mouvements de protestation sont eux aussi des remakes. Le mouvement Occupy Wall Street (et ses émules dans d’autres villes des Etats-Unis et du monde) est un remix timide du Tea Party et des révoltes du “printemps arabe”. Et même si, au départ, les sympathisants du Tea Party se sont réclamés symboliquement de la période prérévolutionnaire du début des années 1770, ils ont rejoué la période de la fin des années 1960 dont la nouvelle gauche aurait souhaité qu’elle soit prérévolutionnaire. Ce qui alimente la colère populaire, à droite comme à gauche, c’est la stagnation sans précédent du progrès économique : le revenu médian des Américains n’a pas évolué d’un iota depuis vingt ans.

Obsession du style

“Plus ça change, plus c’est la même chose.” Ce dicton a toujours signifié que la nouveauté constante et les changements perpétuels de la vie moderne étaient de pure forme et que la nature profonde des choses restait inchangée. Mais, soudain, aujourd’hui, ce dicton prend une autre signification : plus certaines choses changent pour de vrai (la technologie, la situation géopolitique mondiale), plus d’autres (le style, la culture) restent les mêmes.

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Mais, attendez, il y a encore quelque chose qui cloche. Car nous avons beau avoir sombré dans un état de paralysie stylistique et être incapables de nous relever, nous sommes plus nombreux que jamais à consacrer beaucoup de notre temps et de notre énergie à nous préoccuper de notre style personnel.

Pourquoi cela ? En 1984, quelques années après la création du terme yuppie [acronyme de young urban professional], j’écrivais ceci dans le magazine Time : “Les yuppies sont, en un sens, des homos hétérosexuels. Somme toute, parmi la classe moyenne, ils sont les premiers à avoir constitué des ménages à deux revenus sans enfants, amorcé le processus d’embourgeoisement des villes, voué un culte au corps et fréquenté assidûment les salles de sport, été des hommes d’intérieur branchés, des globe- trotters raffinés.” Les gays étaient l’avant-garde du lifestyle, et tout le monde leur a emboîté le pas. Nous en avons fait autant avec les artistes, pas tant par amour de l’art que parce que nous enviions ce à quoi ressemblaient leurs vies. Dans les années 1980, la transformation de SoHo [à New York] d’un district délabré d’entrepôts et d’usines désaffectés en un quartier de lofts, de boutiques et de restaurants chics est devenue un prototype et un modèle de rénovation urbaine, faisant des émules partout aux Etats-Unis et dans le monde.

Le bon goût s’est démocratisé. La décennie cruciale – les années 1985-1995 – a débuté avec le lancement des bouilloires vieillottes et ultramodernes de Michael Graves pour Alessi, qui se sont vendues à plus de 1 million d’exemplaires. Elle s’est poursuivie avec la transformation d’enseignes chics en un marché de masse – Gap, Ikea, [la griffe] Urban Outfitters, [les librairies] Barnes & Noble et les cafés Starbucks ont connu durant cette période une croissance exponentielle – et l’arrivée de nouveaux magazines comme Martha Stewart Living, InStyle, Wired et Wallpaper.

Puis, au cours de la première décennie du nouveau siècle, on a vu déferler sur les chaînes câblées des émissions consacrées à la décoration, à la mode et à la cuisine. Et qu’est-ce qui a fait l’extraordinaire succès de la série Mad Men ? Pas le scénario, pas les personnages, mais le décor creative class, le design et les costumes qui fétichisent les années 1960.

Bouffée d’avenir

Les gens se ruent par millions dans les Apple Stores (1 magasin en 2001, 245 aujourd’hui), pas uniquement pour acheter des appareils de grande qualité, mais pour se délecter, humer l’air, s’attarder, tels des pèlerins dans un somptueux temple du style – un style épuré, lisse, hyperraffiné, qui fait “contemporain”, en ce sens où les boutiques Apple ressemblent à des décors de 2001 : l’Odyssée de l’espace [film de Stanley Kubrick sorti en 1968], c’est-à-dire du début du XXIe siècle tel qu’on se le figurait au milieu du XXe. Et beaucoup de ces adorateurs-consommateurs d’Apple, jeunes ou encore jeunes, passent prendre une bouffée d’avenir, puis retournent à leur vie prétendument à l’ancienne – maisons de ville en brique, marchés de producteurs, brocantes, steampunk, bretelles, barbes, moustaches, artisanat à gogo, tous les signifiants néo-XIXe siècle des hipsters.

Qui plus est, des dizaines de millions d’Américains, des plus ringards aux plus branchés, se sont mués en stylistes amateurs, prêtant une attention scrupuleuse à l’agencement et à la décoration de leur intérieur, de leurs vêtements, de leurs appareils électroménagers, de leurs repas, etc. Les choses que nous possédons sont plus que jamais des accessoires de théâtre, les vêtements que nous portons des costumes de scène, les espaces où nous vivons, dînons, faisons nos achats et passons nos vacances, des décors.

Ainsi, ces deux phénomènes culturels primordiaux, les vingt-cinq ans de gel de l’innovation en matière de style et l’obsession du style, se sont produits simultanément – et cette concomitance est le deuxième grand paradoxe de l’histoire culturelle contemporaine. On pourrait effectivement penser que le style et les autres expressions culturelles ne sont jamais aussi passionnants que lorsqu’ils évoluent et innovent.

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En haut : A l’âge d’or de l’automobile, les modèles évoluent sans cesse (le coupé DeVille Cadillac et la Dodge Dart). En bas : Le design n’est plus une priorité (l’Audi A4 et la Ford Taurus).

L’explication tient en partie, comme je l’ai dit, au fait que nous avons besoin d’être rassurés en ces temps déconcertants de grands chambardements technologiques et autres. Mais il y a aussi une raison économique : comme tout secteur lucratif, la nouvelle industrie du style qui s’est développée massivement cherche naturellement la stabilité et la prévisibilité. Les mutations rapides et radicales du goût accroissent les coûts des entreprises et peuvent même menacer leur existence. L’une des raisons pour lesquelles le design automobile a si peu évolué ces vingt dernières années est que le secteur lutte pour sa survie. Aujourd’hui, Starbucks ne veut pas avoir à rénover ses milliers de points de vente tous les deux ou trois ans. Si les jeans n’étaient plus à la mode demain, la marque Old Navy serait dans le pétrin. Et ainsi de suite. Le capitalisme repose peut-être sur la destruction créatrice perpétuelle [comme l’ont analysé les économistes de Marx à Schumpeter], mais aucune entreprise ne souhaite faire les frais de cette destruction créatrice. Maintenant que des entreprises pesant plusieurs milliards de dollars sont devenues des sociétés stylées et que les sociétés stylées sont devenues des entreprises pesant plusieurs milliards de dollars, un coup de frein massif a été donné à l’élan général d’innovation et de changement.

“Toujours la même chose”

La seule chose qui ait changé spectaculairement ces vingt dernières années dans le domaine du style (exception faite des gadgets informatiques) est ce qui a changé aussi dans les films, les livres et la musique – la façon dont ils sont produits et distribués, et non pas leur aspect et leur nature. La démocratisation de la culture et du style a deux conséquences très différentes mais extrêmement complémentaires. D’une part, dans un pays où une immense majorité de la population a toujours considéré qu’elle appartenait à la “classe moyenne”, pratiquement tous ceux qui peuvent se le permettre achètent aujourd’hui du style – chez Gap, Ikea, Urban Outfitters, Barnes & Noble et Starbucks. Et pourtant, dans le même temps, pour la première fois, tous ceux qui ont des goûts culturels obscurs peuvent les cultiver facilement sur Internet et s’aventurer à coups de clics dans les profondeurs de n’importe quelle petite niche bizarroïde (la bossa nova punk, les films d’action nigérians, les soldats de plomb…).

Nous nous sommes mis de nous-mêmes dans un cercle vicieux : le progrès économique et l’innovation stagnent, hormis dans les technologies de l’information, ce qui nous pousse à adhérer au passé et à faire du présent un musée, ce qui prive les cultures de l’innovation de l’énergie dont elles ont besoin pour faire surgir des idées et des formes vraiment nouvelles, ce qui décourage tout changement radical et renforce la stagnation économique (et politique).

J’ai toujours cru aux mouvements de va-et-vient de l’Histoire – aux cycles sociopolitiques qui durent généralement, selon les historiens, une trentaine d’années. Aussi, peut-être arrivons-nous au terme de cette ère culturelle du “toujours la même chose”. Les baby-boomers qui ont provoqué cette glaciation étant en train de s’éclipser, les Etats-Unis et le reste des pays riches sont peut-être à la veille de connaître un flot de nouveauté inouïe. Ou peut-être, comme je le redoute certains jours, est-ce ainsi que finit la civilisation occidentale, pas sur un boom, mais sur un long murmure nostalgique [allusion au poème de T.S. Eliot Les Hommes creux].

 

Kurt Andersen

A propos de l’auteur : Kurt Andersen, 57 ans, est romancier et journaliste. Ancien critique d’architecture et de design de l’hebdomadaire Time, il a lancé plusieurs magazines et émissions de radio et publie dans tous les grands titres de la presse américaine. On peut lire de lui en français le roman Riches et célèbres (LGF, 2004), où il met en scène un couple de yuppies new-yorkais. (kurtandersen.com)